Le déroulement d'un Executive MBA
L'Executive MBA s'adresse à des cadres expérimentés qui restent en poste pendant
la formation. Cette page décrit son déroulement concret, plutôt que ses
promesses.
Le public
Ces programmes accueillent deux profils.
Des titulaires de diplômes de second cycle, sciences, économie, droit, lettres, grandes écoles, médecine, pharmacie, architecture, qui souhaitent acquérir une compétence de gestion.
Et des cadres d'entreprise ou assimilés, généralement avec une dizaine d'années d'expérience et une responsabilité d'équipe ou de budget.
L'hétérogénéité des parcours est recherchée : c'est elle qui produit l'essentiel de la valeur des échanges.
Le rythme
Les formats les plus répandus sont le vendredi-samedi toutes les deux ou trois semaines, les sessions de plusieurs jours consécutifs à intervalles réguliers, ou une combinaison des deux avec des modules à distance.
La durée totale se situe généralement entre dix-huit et vingt-quatre mois.
À cela s'ajoute le travail personnel entre les sessions : lectures préparatoires, cas à traiter, travaux de groupe, rendus. Les participants situent cette charge, en moyenne, entre dix et vingt heures par semaine, avec des pics avant les échéances.
Un séminaire international d'une à deux semaines figure dans la plupart des programmes, parfois facturé en supplément.
La thèse professionnelle
C'est l'élément qui distingue le plus un Executive MBA d'une succession de formations courtes.
Elle consiste à traiter une problématique réelle, le plus souvent issue de l'entreprise du participant, avec les outils méthodologiques acquis : revue de littérature, collecte de données, analyse, recommandations.
Elle se prépare sur plusieurs mois, avec un tuteur, et se soutient devant un jury.
Son intérêt dépasse le diplôme : c'est l'occasion de traiter un dossier que le quotidien ne permet jamais d'aborder, et de le présenter à sa direction avec une méthode. Plusieurs évolutions de carrière constatées après un Executive MBA partent de là.
Le choix du sujet est donc une décision stratégique, à prendre tôt et en concertation avec sa hiérarchie.
Concilier avec le poste
C'est la vraie difficulté, et elle se prépare.
Informer sa hiérarchie en amont et obtenir un accord explicite sur les absences, y compris lorsqu'elles tombent sur des jours ouvrés.
Prévoir une délégation sur les dossiers en cours pendant les sessions : un cadre injoignable deux jours toutes les trois semaines doit avoir organisé sa suppléance.
Anticiper les périodes de forte charge professionnelle et les faire coïncider, si possible, avec les périodes creuses du programme.
Et associer l'entourage familial : les week-ends consacrés au travail personnel se prennent sur du temps qui appartenait à d'autres.
L'abandon, lorsqu'il survient, tient presque toujours à un changement de poste, à une réorganisation ou à un événement personnel, rarement à la difficulté des cours.
Le financement
Le coût se compte en dizaines de milliers d'euros.
Le financement par l'employeur reste le plus fréquent, souvent partiel, et s'accompagne généralement d'une clause de dédit-formation dont les conditions de validité méritent une lecture attentive.
Le compte personnel de formation, le plan de développement des compétences et le projet de transition professionnelle complètent le montage.
Il faut par ailleurs compter les frais annexes : déplacements, hébergement lors des sessions, séminaire international, documentation.
Ce qu'on peut en attendre
Les enquêtes de suivi font ressortir trois apports constants : un élargissement du réseau professionnel, une capacité accrue à dialoguer avec des fonctions dont on ignorait le langage, et une légitimité utile lors d'un changement de poste ou de secteur.
Les progressions salariales publiées par les établissements se lisent avec prudence : déclaratives, portant sur les répondants, et incluant une part d'évolution qui aurait eu lieu de toute façon.
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